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Au Canada, l'impôt est prélevé à la source afin que le contribuable puisse payer d'avance son impôt. Ainsi, le contribuable ne devra rien au gouvernement en fin d'année (et vice-versa), et ce, qu'il gagne annuellement 25 000$ ou 250 000$.

 

Prenons l'exemple d'un salaire annuel de 26 000$. L'impôt à payer est de 2700$ (excluant les cotisation sociales). Si le revenu est équivalent à chaque deux semaines, l'employeur prendra 1/26 de 2700$ à chaque paye (104$). Lors de la saison d'impôt, si le prélèvement a été fait de cette manière par l'employeur et que le contribuable ne reçoit aucun crédit social, le contribuable et le gouvernement ne se doivent rien mutuellement (que le contribuable soit citoyen ou résident temporaire).

 

Cumuler deux emplois (ou plus) en même temps

Au Québec, des centaines de milliers de contribuables cumulent deux ou plusieurs emplois en même temps. Vos employeurs, à moins que vous en ayez déjà discuté avec eux et qu'ils aient adapté le prélèvement à la source, ignorent votre situation. Donc, chaque employeur procède aux retenues sur votre paye comme s'il était votre seul employeur. Au Canada, le 15 000 $ gagné n'est pas imposable. Imaginons une personne qui cumule deux emplois à 15 000$ chacun. Si le contribuable ne demande pas de prélever plus d'impôt à la source, l'employeur ne prendra aucun impôt, puisque 15 000$ n'est pas imposable. Par conséquent, au moment de produire sa déclaration de revenus, le contribuable, qui a changé de tranche d'imposition, devra payer 2700$ d'impôt!

 

 

Conseil : Assurez-vous d'ajuster les prélèvements à la source avec vos employeurs si vous cumulez deux ou plusieurs emplois. Sans entrer dans les détails de votre situation, votre employeur devrait pouvoir effectuer les changements nécessaires.

 

 

Autres impacts : une augmentation de vos revenus peut affecter vos allocations (ex. famille) et vos crédits (ex. TPS). Changer de tranche d'imposition est donc potentiellement inintéressant d'un point de vue fiscal (malgré les revenus d'appoint qui sont les bienvenus!).

 

 

Vacances et autres avantages lorsque vous quittez votre emploi

 

Il arrive que l'on quitte ou perde un emploi…ce sont les aléas du marché du travail! Cela peut avoir toutefois un impact du point de vue fiscal. Partons du principe qu'une année fiscale standard compte 26 payes (une aux deux semaines). Si vous décidez de ne pas prendre vos vacances et recevez un 4% de votre employeur pendant l'année ou si vous quittez un emploi le vendredi et commencer un autre emploi le lundi, vous recevrez tous ces montants en surplus soit l'équivalent de 27 payes, alors que le calcul est prévu pour 26. Le calcul à la source fait à la source par votre employeur est donc déficitaire.

 

 

Conseil : Faites le suivi des montants supplémentaires que vous recevez lorsque vous quittez votre emploi. Si c'est possible, prenez vos vacances avant de quitter votre emploi.

 

Paye de vacances ou autres avantages après un départ du Canada

 

Si vous quittez le Canada, le 13 000$ non imposable sera calculé au prorata de votre temps en sol canadien. Votre année fiscale ne sera donc plus de 52 semaines, mais sera une année « écourtée » fiscalement : vous recevrez donc un surplus (vacances, pension, etc.). Dans le même ordre d'idées, si vous quittez votre emploi et que vous quittez le Canada tout de suite après, c'est une situation similaire à la précédente (vous recevrez votre paye de vacances et le prélèvement à la source est erroné). Pour plus de détails, consultez notre article : Une dernière déclaration au Canada

 

Travail autonome

 

Le travail autonome peut présenter de nombreux avantages : en plus d'être votre propre patron, vous pouvez déduire les revenus imposables de vos dépenses (ex. déplacements, factures d'électricité ou de téléphone, etc.). Par contre, comme travailleur autonome, vous devez vous-même mettre de côté une partie de vos revenus pour payer vos impôts. L'impôt au Canada est calculé par pallier : il n'y a aucun impôt à payer si vous faites en bas de 15 000$ par année. Si vous faites entre 15 000$ et 48 000$, le taux d'imposition est de 27,5%. Il est de 37,1% à partir de 48 000$.

 

 

Attention!! À cela, on doit ajouter les cotisations sociales : le RRQ à 11% (pour tous dollars gagnés en haut de 3500$, peu importe si vous faites en bas de 15 000$ par année!) et le RQAP à 1%.

 

Et si vous êtes aussi salarié? Si votre employeur a prélevé le bon montant à la source (0$ à payer 0$ à recevoir), vous ajoutez un bloc de revenus (le revenu après dépenses) avec le travail autonome qui doit être taxé à 27,5% d'impôt et 11% de RRQ (37,5%!). Par contre, si la somme de votre salaire et du travail autonome dépasse 48 000$, vous devrez alors prévoir 37,1% sur la part qui a dépassé 48 000$ et encore 11% de RRQ, soit un taux de 48,1%!.

 

 

Conseil : Assurez-vous de bien comprendre dans quelle tranche d'imposition vous vous situez et conserver le montant approprié pour payer vos impôts. N'oubliez surtout pas le RRQ et le RQAP!

 

 

RAMQ

 

Si vous n'avez pas d'assurance médicale privée, il est obligatoire de cotiser au Régime d'assurance médicale du Québec (RAMQ). Le montant est de 626$ par année par personne majeure. Si vous avez bénéficié d'une assurance médicale privée pendant un certain nombre de mois pendant l'année, le montant à payer à la RAMQ sera calculé au prorata. Notez que si vous gagnez en bas de 18 000$ par année, vous ne payez pas la RAMQ. Entre 18 000 et 26 000$, le montant à payer est progressif jusqu'au maximum de 626$.

 

Conseil : Si vous n'avez pas d'assurance médicale privée, prévoyez un montant pour payer votre RAMQ à chaque année.

 

Retrait de REER : impôt à la source insuffisant

 

La banque, ne connaissant pas votre taux d'impôt marginal, retire toujours un % fixe, en général 20%. Dans certains cas, cela peut être insuffisant. Si la somme de vos revenus se situe entre 15 000$ et 48 000%, vous devez ajouter un 7% supplémentaire. Si vous êtes en haut de 48 000$, vous devez ajouter 17%.

 

 

Conseil : Discutez avec votre banque lorsque vous retirez des REER et faites les ajustements nécessaires avec elle.

 

 

Diverses sources de revenus avec aucun impôt prélevé à la source

 

Il peut y avoir différentes sources de revenus pour lesquelles aucun impôt est retiré à la source : l'assurance-emploi, revenus d'intérêts, revenus de loyer, travail autonome, revenu de retraite, etc. Lorsque le tout s'additionne, cela peut causer une mauvaise surprise au contribuable.

 

 

Conseil : Faites le suivi de l'ensemble de vos revenus et conserver un montant approprié selon votre tranche d'imposition.

 

Paye instable

 

Certains métiers ont des payes instables d'une semaine à l'autre, par exemple dans le domaine de la restauration. Le contribuable peut recevoir 1000$ brut sur une période de paye et recevoir 2000$ la suivante. Cette instabilité est difficile à suivre côté prélèvement de l'impôt à la source et peut jouer en la défaveur du contribuable.

 

 

Conseil : Discutez avec votre employeur pour convenir d'une sorte de « moyenne » de prélèvements, si c'est possible. Si ça ne l'est pas, faites le suivi de vos prélèvements à la source et conserver un montant approprié selon votre tranche d'imposition.

 

Ajustement minimal

 

La comptabilité n'est pas une science exacte! Même si chacune des payes est la même et que la comptabilité de votre emploi fait parfaitement son travail, il est important de comprendre que l'impôt prélevé à la source n'est qu'une projection de l'impôt à payer. C'est pourquoi il est possible que vous ayez un 300$ à rembourser (ou que vous recevrez!).

 

 

Conseil : Conservez un « petit coussin » pour pallier à cet imprévu.

 

Changement de statut fiscal

 

Un mariage, une promotion, une naissance, une perte d'emploi, un congé maladie…que ce soient de bonnes ou de mauvaises nouvelles, les aléas de la vie ont un impact d'un point de vue fiscal.

 

Conseil : Développez votre intelligence fiscale! En cas de changement de statut, restez informé des impacts qu'il peut causer…n'hésitez pas à nous contacter le cas échéant!

 

Et maintenant...terminons cet article avec la grande question que nous avons à chaque année!

Pourquoi mon ami reçoit un retour d'impôt et pas moi??

 

Même si cela ne saute pas aux yeux, vous n'avez pas la même situation fiscale. Il faudrait comparer les deux rapports d'impôts pour répondre de manière plus détaillée (avec autorisation évidemment!).

 

Ceci étant dit, voici quelques questions et pistes de réflexion qui pourraient vous aider à mieux comprendre votre situation :

 

  • Avez-vous la même date d'arrivée ou de départ du Canada que votre ami?
  • Avez-vous le même revenu brut (case 14 de vos T4) que votre ami?
  • Avez-vous le même impôt à la source (case 22 de vos T4 et case E du relevé 1) que votre ami?
  • Avez-vous passé toute l'année au Canada (arrivée en 2019 ou avant)? Si oui, vous pouvez bénéficier de la prime au travail si vous avez gagné moins de 23 000$. Si vous n'avez pas passé toute l'année au Canada, vous n'avez pas droit à la prime au travail (de là l'importance de déclarer votre date d'entrée au Canada pour que vous ne soyez pas obligé de rembourser la prime au travail, prime à laquelle vous n'avez pas droit).
  • Est-ce que votre ami a des frais de scolarité?
  • Est-ce que votre ami est célibataire? Des enfants?

 

En conclusion

 

Nous avons dressé un portrait des situations les plus communes qui vous amènent à malheureusement devoir rembourser de l'impôt au gouvernement. Si vous avez des questions ou besoin de précisions, nous sommes à votre service toute l'année.

 

À très bientôt pour la prochaine saison fiscale!